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Cybermalveillance.gouv.fr – Rapport d’activité 2025, La cyberattaque s’installe dans le quotidien des organisations

par | 30 Mar 2026

« La menace ne se mesure plus seulement en sophistication technique, mais en banalisation. »

Le rapport d’activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr ne révèle pas une rupture spectaculaire dans le paysage des cybermenaces. Il met en lumière quelque chose de plus préoccupant encore : une forme de normalisation du risque. Les attaques ne sont plus exceptionnelles, elles s’inscrivent dans le quotidien des organisations comme des particuliers, avec une régularité et une diversité qui rendent leur gestion plus complexe que jamais.

L’un des enseignements majeurs du rapport tient dans l’augmentation continue des sollicitations adressées à la plateforme. Plusieurs centaines de milliers de demandes d’assistance ont été enregistrées, confirmant une tendance déjà observée les années précédentes. Ce volume ne traduit pas uniquement une hausse des incidents, mais aussi une prise de conscience progressive des victimes. Les entreprises, en particulier les TPE et PME, semblent davantage enclines à reconnaître une compromission et à rechercher un accompagnement, là où, auparavant, beaucoup tentaient de gérer seules ou restaient dans le déni.

Cette évolution ne doit cependant pas masquer une réalité plus structurelle : la majorité des attaques exploitent toujours des mécanismes simples. Le phishing, les faux supports techniques, les escroqueries aux faux ordres de virement ou encore les compromissions de comptes restent largement dominants. La sophistication n’est pas systématiquement nécessaire pour réussir. L’efficacité repose sur la répétition, l’automatisation et la connaissance fine des comportements humains.

Le rapport souligne d’ailleurs que certaines menaces connaissent des pics significatifs, notamment les fraudes liées aux faux conseillers bancaires. Ces attaques, souvent orchestrées par téléphone après une phase de collecte d’informations, reposent sur une ingénierie sociale particulièrement aboutie. Elles illustrent une tendance de fond : la convergence entre cyber et fraude traditionnelle. L’attaque ne se limite plus à un vecteur technique, elle s’inscrit dans un scénario global où chaque interaction avec la victime est exploitée.

« La technique n’est plus le point d’entrée principal, c’est la confiance qui est ciblée. »

Dans ce contexte, les entreprises doivent repenser leur approche de la cybersécurité. La protection du système d’information ne peut plus être uniquement envisagée sous l’angle des outils. Le facteur humain devient central. La sensibilisation, souvent perçue comme une obligation réglementaire ou une action ponctuelle, s’impose désormais comme un levier stratégique. Le rapport insiste sur l’importance de ces démarches, tout en laissant apparaître leurs limites. Informer ne suffit pas toujours à modifier durablement les comportements.

Les données présentées mettent également en évidence une exposition accrue des collectivités territoriales. Ces structures, souvent moins dotées en ressources techniques, deviennent des cibles privilégiées. Les attaques par ransomware, bien que fluctuantes en volume, continuent de produire des impacts majeurs lorsqu’elles réussissent. L’indisponibilité des services publics, même temporaire, a des conséquences immédiates sur les usagers et renforce la pression sur les équipes IT.

Un autre point notable concerne l’évolution des modes opératoires. Les cybercriminels s’adaptent rapidement aux dispositifs de protection. Lorsque certaines techniques deviennent moins rentables, elles sont remplacées ou combinées avec d’autres. Le rapport évoque ainsi des campagnes hybrides, mêlant phishing, usurpation d’identité et exploitation de failles organisationnelles. Cette capacité d’adaptation rend les approches purement défensives insuffisantes si elles ne s’inscrivent pas dans une logique d’anticipation.

L’analyse du rapport met aussi en lumière un écart persistant entre la perception du risque et la réalité opérationnelle. Beaucoup d’organisations continuent de considérer la cybersécurité comme un sujet technique, délégué aux équipes IT. Or, les incidents décrits montrent que les conséquences dépassent largement ce périmètre. Les impacts sont financiers, juridiques, organisationnels et parfois réputationnels. La gestion d’un incident mobilise bien au-delà du système d’information.

« La cybersécurité devient un sujet de gouvernance, qu’on le veuille ou non. »

Cette dimension est particulièrement visible dans les cas de fraude. Les faux ordres de virement, par exemple, ne reposent pas sur une faille technique, mais sur une défaillance dans les processus de validation. Ils interrogent directement les mécanismes de contrôle interne. Le rapport met en évidence la nécessité de renforcer ces dispositifs, en intégrant des vérifications systématiques et en limitant les dépendances à des échanges non sécurisés.

Par ailleurs, le document souligne l’importance des dispositifs d’accompagnement proposés par Cybermalveillance.gouv.fr. La plateforme joue un rôle structurant dans l’écosystème français, en orientant les victimes vers des prestataires qualifiés et en diffusant des contenus de prévention. Cette approche contribue à professionnaliser la réponse aux incidents, notamment pour les structures qui ne disposent pas de compétences internes.

Cependant, cette assistance intervient souvent après l’attaque. La prévention reste un enjeu majeur, et c’est probablement sur ce point que les marges de progression sont les plus importantes. Le rapport montre que, malgré les efforts engagés, de nombreuses organisations ne disposent pas encore de mesures de base : authentification forte, sauvegardes isolées, mises à jour régulières, ou encore procédures de gestion de crise.

Cette situation s’explique en partie par des contraintes économiques et organisationnelles. Les TPE et PME, en particulier, arbitrent en permanence entre sécurité et continuité d’activité. La cybersécurité est parfois perçue comme un coût, plutôt que comme un investissement. Le rapport met implicitement en évidence ce dilemme, sans pour autant proposer de solution simple. Il rappelle néanmoins que le coût d’une attaque réussie dépasse largement celui des mesures préventives.

Un autre enseignement important concerne la temporalité des attaques. Contrairement à une idée reçue, les cybercriminels ne cherchent pas toujours des gains immédiats. Certaines campagnes s’inscrivent dans la durée, avec des phases d’observation et de préparation. Cette logique impose aux organisations de maintenir un niveau de vigilance constant, et non de réagir uniquement en cas d’incident.

« Le risque cyber n’est pas un événement, c’est un état permanent. »

Dans cette perspective, la gestion des incidents doit évoluer. Il ne s’agit plus seulement de réagir rapidement, mais de s’inscrire dans une démarche structurée : détection, analyse, containment, remédiation, et retour d’expérience. Le rapport souligne l’importance de cette boucle, souvent négligée. Les organisations qui tirent des enseignements de leurs incidents sont mieux préparées à faire face aux suivants.

Enfin, le rapport d’activité 2025 met en évidence un enjeu de coordination. La lutte contre la cybercriminalité ne peut reposer uniquement sur les victimes ou sur les prestataires. Elle implique une collaboration étroite entre acteurs publics et privés. Cybermalveillance.gouv.fr s’inscrit dans cette logique, en jouant un rôle d’interface et de diffusion de bonnes pratiques.

Cette approche collective est d’autant plus nécessaire que les cybercriminels, eux, fonctionnent en réseau. Ils mutualisent leurs outils, partagent leurs techniques et industrialisent leurs opérations. Face à cette organisation, les réponses individuelles montrent rapidement leurs limites.

Ce rapport ne livre pas de révélation spectaculaire, mais il offre une photographie précise d’un écosystème en tension. Il montre que la menace continue de progresser, non pas par rupture technologique, mais par adaptation continue. Il met surtout en évidence un point essentiel : la cybersécurité n’est plus une option. Elle s’impose comme une composante intrinsèque de toute activité numérique, au même titre que la performance ou la disponibilité.

Ce constat appelle une évolution des pratiques. Les organisations qui intégreront cette réalité dans leur gouvernance seront mieux armées pour faire face aux prochaines vagues d’attaques. Les autres continueront à subir, avec des impacts de plus en plus difficiles à maîtriser.

 

Source : Cybermalveillance.gouv.fr dévoile les tendances de la menace cyber en France

 

Cybermalveillance.gouv.fr dévoile les tendances de la menace cyber en France

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